Vers une Route culturelle européenne des phares

Depuis des siècles, les phares montrent le chemin aux marins le long des falaises, des rifs et des profondeurs marines pour arriver en port sûr. Bien qu’ils forment un héritage historique industriel universel, personne n’avait pensé à les relier. Jusqu’en octobre 2020 où la Route Culturelle Européenne des Phares a été officiellement lancée. L’AJP débattait de ce projet « phare » lors d’une visio-conférence le 21 janvier. En voici la teneur par Bettina de Cosnac, journaliste, secrétaire générale de l’AJP qui animait la rencontre.

Phare de Binic en Bretagne. (Photo. B. de Cosnac)

Les phares font partie du paysage européen, voir mondial. Ainsi en est-il, aussi bien en France qu’en Allemagne dans le Land allemand du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. C’est en Bretagne d’ailleurs, sur une presqu’ île que des moines construisaient le premier phare de France.

Un projet franco-allemand sur une trajectoire bien lancée

Ce patrimoine industriel, longtemps négligé en Europe par les gouvernements, se trouve depuis peu au centre de l’intérêt. Née, il y a deux ans d’une initiative de Sylvia Völzer, responsable pour la culture, les sports et l’éducation à la Représentation du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale auprès de l’Europe à Bruxelles, et de Bettina de Cosnac, journaliste-écrivaine, l’idée de créer une nouvelle route culturelle européenne autour des phares est portée depuis octobre 2020 officiellement par deux associations: la SNPB (Société nationale des Phares et des Balises) avec son président et fondateur Marc Pointud et l’association du phare de Warnemünde, représenté par M. Volker Köhler. Ce sont eux qui ont pris le relais et font avancer le projet avec passion et persévérance.

Un travail d’Hercule pour ces deux volontaires : Il faut que la route soit créée et fonctionne par nombre de manifestations fédératrices avant de pouvoir concourir auprès du Conseil de l’Europe au Luxembourg pour gagner le label – très convoité de « Route culturelle européenne ».

Lors d’un débat le 21 janvier 2021 animé par Bettina de Cosnac, les deux protagonistes ont expliqué leur démarche. Pour le moment, ils sont en train de créer une supra-structure ensemble avec d’autres pays européens. Ils cherchent des partenaires de la Baltique jusqu’au Portugal. En passant par le Danemark, la Finlande voire la Grande-Bretagne. « Le Brexit ne touche pas ce patrimoine », précise Marc Pointud. « Car la route culturelle européenne du Conseil n’ est pas limitée aux pays membres de l’Union européenne. » Aussi, même la Suisse avec son phare « intérieur » sur le lac de Génève pourrait-elle en faire partie.

Lors du débat, il s’est avéré que si le ministère de l’Intérieur du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale soutenait le projet en 2021 avec un budget – modeste – de communication, il fallait encore récolter des fonds. Plusieurs idées, dont la résidence d’artiste, le mécénat d’entreprise et un financement par la création d’un timbre de collection étaient mis en avant lors du débat impliquant tous les participants du zoom. Le surplus du tarif d’affranchissement pourrait servir à soutenir à la fois la route et les phares.

Marc Pointud et Volker Köhler n’ont pas manqué de rappeler l’importance des phares pour la sécurité maritime, l’économie locale, le tourisme, l’architecture, l’ingénieurerie et l’éducation. Notamment les jeunes pourraient y apprendre l’héritage historique – et industriel – commun à l’Europe.

Reste le grand casse-tête des compétences administratives. Si la France est un pays centralisé, la gestion des phares s’avère y être plus complexe, car relevant de la responsabilité de plusieurs institutions. En Grande-Bretagne, en revanche, elle se fait sous l’égide d’une seule entité, The Trinity House. D’où un contact plus facile à établir.

« Le phare est un symbole de paix », souligne Marc Pointud. « Et pas une signalisation politique. » Et Volker Köhler, voilier passionné, de conclure : « Il est le symbole parlant d’accueil pour dire bonjour et au-revoir aux marins. » Le phare, une sorte de « Heimat », si l’on veut.

CONTACTS :

Site internet : https://lighthouse-route.eu

Et pour tout contact direct en français/ anglais/ allemand : contact@pharesetbalises.org (France) et coordination@lighthouse-route.eu

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